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Boris VianAuteur

Biographie

Boris Vian passa comme un météore au milieu de notre siècle, laissant une trace éblouissante, énigmatique et inspiratrice. Deux routes se sont croisées : celle de l'amateur inspirée de Jazz, fécond et précoce et celle du romancier à l'esprit vif et brillant. Il a consacré à la chanson, avec bonheur et bonne humeur, une part importante de son activité artistique et professionnelle, écrivant toujours les textes, parfois la musique.


Au total, 409 créations et 88 adaptations au travers desquelles on ne peut qu'admirer la diversité de l'ensemble, et d'être profondément marqué par la force et la justesse, la drôlerie ou la gravité, le lyrisme ou la légèreté, voire l'actualité de certaines d'entre elles.


Boris Paul Vian est né le 10 mars 1920 à Ville d'Avray, fils de Paul Vian et d'Yvonne Ravenez. Il a un frère aîné Lélio, né en 1918, et aura un cadet, Alain en 1921, et une soeur, Ninon, en 1924. Boris Vian effectue ses petites classes au lycée de Sèvres (Hauts-de-seine), mais la situation financière de la famille Vian se détériore gravement et les premiers signes de la faible santé de leurs fils se fait sentir avec en 1932 un début de rhumatisme cardiaque. C'est à cette époque qu'il entre au lycée Hoche de Versailles, puis au lycée Condorcet de Paris où il restera jusqu'en terminale quand sa scolarité n'est pas interrompue par la maladie (ex : Typhoïde mal traitées).


En 1937, il obtient un baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques et commence alors la découverte du jazz, dans les premières surprises-parties et de la trompette en adhérant au hot club de France. En 1938, Ville-d'Avray verra la naissance du premier orchestre des frères Vian, " Accord Jazz ". Il continue en parallèle sa formation universitaire, passe ses classes de mathématiques supérieures et mathématiques spéciales et en 1939 il réussit son concours d'entrée de l'école centrale des arts et manufactures. Vian n'est pas mobilisé par suite de ses troubles cardiaques et peut assister au concert de Duke Ellington à Paris.


Début juillet 1941, il épouse Michelle Léglise qu'il avait rencontré l'été précédent et ébauche avec elle un roman policier et une pièce de théâtre. A partir de 1942, Vian entre dans l'orchestre de jazz amateur de Claude Abadie, avec lequel il participera à de nombreux tournois et concerts, surtout à la libération. Après la naissance de son fils Patrick, Vian, jeune ingénieur diplômé des arts et manufactures, entre à l'association française de normalisation (AFNOR) où il reste jusqu'en Février 1946. A cette époque, il signe ses premières compositions musicales et littéraires dont notamment " Contes de fées à l'usage des moyennes personnes " et de " Trouble dans les Andains " et littéraires " Vercoquin et le plancton ", ainsi que sa plus ancienne chanson connue, " Aux bon vieux temps ", avec Johnny Sabrou. Une ballade est également publiée dans le bulletin du Hot Club de France : " Normes des injures ".


En Août 1944, Michelle et Boris Vian accueille lors de la libération de Paris, les premiers G.I à Ville-d'Avray et lie de nombreux contacts et relations avec les soldats américains. Mais dans cette période de liesse, Paul Vian est assassiné dans des circonstances troubles à Ville d'Avray. A partir de 1945, les oeuvres de Vian seront progressivement publié, en mai " Vercoquin et le plancton " est accepté par Gallimard. Il écrit également des nouvelles qui seront réunies dans le recueil " les Fourmis " et chronique pour " Les Amis des arts " et termine en 1946 le manuscrit de " L'écume des jours ". Il fait alors la connaissance de Sartre et de Beauvoir et entre à l'office du papier. Il triomphe parallèlement, avec l'orchestre Abadie-Vian au premier tournoi international amateur de Bruxelles et remporte le grand prix pour ce même orchestre au 9e tournoi des amateurs, salle Pleyel à Paris.


Candidats malheureux au prix de la pléiade avec " L'écume des jours " en juin, il collabore en juillet à la revue " La rue ", et se remet à l'écriture en Août et Septembre composant respectivement " J'irai cracher sur vos tombes " et une première version de " L'automne à Pékin ". C'est en Novembre qu'est publié " J'irai cracher sur vos tombes " sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, premier livre publié de Vian et le futur Best-Seller de 1947 en France. Mais dès Février 1947, alors que " Vercoquin et le plancton " vient d'être publié, une première plainte légale est déposé contre Vernon Sullivan. Vian prépare alors le faux " original " américain " I shall spit on your graves " (" J'irai cracher sur vos tombes ") et publie en avril " L'écume des jours ". Il ne délaisse pas la musique pour autant et quitte l'office du papier et sa carrière d'ingénieur, Trompette au tabou il participera jusqu'en 1950 aux grandes années de Saint-Germain-des-prés.


A la fin de l'année 1947, il entame une revue de presse dans Jazz Hot et en janvier 1948 son premier recueil de poèmes est publié suivie de deux traductions de Raymond Chandler dans la " série noire ". C'est l'année de l'adaptation théâtrale de " J'irai cracher sur vos tombes ", Boris Vian est alors de nouveau papa d'une petite Carole et il enchaîne Jazz (1948-49 animation du club Saint-Germain) et conférences. En juillet/août 1948, alors qu'il accueille Duke Ellington à Paris, une deuxième plainte judiciaire -après amnistie- est déposé contre " j'irai cracher sur vos tombes " et sera interdit par arrêté ministériel un an plus tard. En 1949, il plaide également pour Jean Cocteau au cours de l'émission radiophonique " Procès des Pontifes ", mais poursuit ses publications de poèmes (" Cantilènes en gelée ") et nouvelles (" Fourmis "). Dans Jazz Hot, il entame la traduction de " Young man with Horn " de Dorothy Baker, roman inspiré de la vie de Bix Beiderbecke, sous le titre " Le jeune homme à la trompette ". L'été 1949, est une période de crise morale, conjugale et financière et pour des raisons de santé Vian délaisse peu à peu la trompette.


En avril 1950, se joue la première de " L'équarrissage pour tous " et en mai au procès de " J'irai cracher sur vos tombes " et " les morts ont tous la même peau " publié entre temps, Vian est condamné pour outrage aux moeurs par la voie du livre. Malgré ces difficultés, il entreprend la composition du manuel de Saint-Germain-des-prés et rencontre Ursula Kübler, danseuse du ballet Roland-Petit, qui va devenir quelques mois plus tard sa compagne. Il publie cet été là : " L'équarrissage pour tous ", " Le dernier des métiers ", " L'Herbe rouge ", "Elles se rendent pas compte " mais la diffusion de ces ouvrages est quasi nulle.


En 1951, il passe son Examen de passage à la SACEM ; jusqu'en 1954, il compose des textes de théâtre et de chansons. Il devient fanatiques de sciences-fiction (membre du club des Savanturiers) et réalise de nombreuses traductions, parfois alimentaire de James M.Cain, August Strindberg (Mademoiselle Julie), Ray Bradbury… Boris Vian et Ursula (mariage le 8 février 1954) emménagent 6 bis, cité Véron dans le 18ème arrondissement, dont ils partagent la terrasse avec Jacques et Janine Prévert. Le 15 Janvier 1953, sort " L'arrache cœur " sans aucun succès mais son opéra " Le chevalier de neige " est représenté au festival de Normandie à Caen (du 1er au 17 Août). En Octobre, une amnistie annule le verdict touchant les oeuvres de Vernon Sullivan et un projet de film pour " J'irai cracher sur vos tombes " voit le jour. Vian débute en 1954, une très importante production de chansons, de nombreuses petites pièces de théâtre et scénarios. Il compose notamment paroles et musiques du " tube " " le déserteur ". A partir de 1955, il débute son tour de chant " aux trois baudets " et simultanément à " la fontaine des quatre saisons ". Il enregistre en avril-juin " chansons possibles et impossibles " composées de huit titres, dont " Le Déserteur ". Il tourne ensuite en province puis en septembre reprend son tour de chant parisien.


En 1956, il rentre à temps partiel chez Philips (disques de Jazz), et le 21 juin il enregistre le premier 45 tours de rock français avec Michel Legrand et Henri Salvador. Il essuie une grave crise d'oedème pulmonaire. Puis c'est Magali Noël qui enregistre quatre rocks dont " Fais-moi mal Johnny ". Le 1er janvier 1957, il devient employé à plein temps chez Philips : directeur artistique adjoint pour le jazz et les variétés. Il supervise de très nombreux enregistrements et interrompt définitivement son tour de chant, mais il continue la composition ou la traduction adaptation de chansons. En septembre il subit de nouveau une crise d'oedème et arrête la revue de presse pour Jazz Hot. En Mai 1958, il passe de Philips à Fontana, en tant que directeur artistique, où il réalise un grand nombre d'adaptations et écrits plus de 140 chansons dans l'année. Il publie cette année " en avant la zizique " et il met fin à sa revue de presse dans Jazz Hot. Fin 58, il termine un de ses derniers écrits importants - destiné au collège de Pataphysique : " sa lettre à sa magnificience le Vice-Curateur Baron sur les truqueurs de guerre ".


En 1958-59, il apparaît dans quelques films pour le cinéma, et connaît des démélés avec le réalisateur du film " J'irai cracher sur vos tombes ". En 1959, il accepte la direction artistique des disques Barclay, tout en caressant le doux rêve de se reposer et de reprendre l'écriture littéraire. Le 23 juin, Vian assiste à une projection privée du film " J'irai cracher sur vos tombes ", réalisé en grande partie contre son gré. Après dix minutes de projection, il tombe en syncope dans son fauteuil : oedème et crise cardiaque.