Concerts

 
Photo de l'auteur

© Droits réservés

Titre :

Auteur :

Compositeur :

Copyright :

Éditeur :

Album :

Label :

Alec SiniavineAuteur

Biographie

Né le 4 mai 1906 à Odessa (Fédération de Russie), décédé à Paris en 1996 - Compositeur - Pianiste/interprète

Alec SINIAVINE est né au bord de la Mer Noire. Il s'agit de son véritable nom : "On m'a toujours conseillé de le changer mais je n'aime pas le faux. J'ai décidé de le garder"...

Son père était docteur et mourut quand le jeune Alec n'avait que quelques mois. Il fut élevé par sa mère, et dût quitter la Russie à huit ans et demi pour la Roumanie. Ses parents n'étaient pas musiciens, mais possédaient un piano sur lequel il pianotait.

Alec Siniavine prend des cours de piano. Il avait une telle horreur des gammes et des exercices mécaniques qu'il fallait l'enfermer avec l'instrument, si bien qu'un jour, il sauta par la fenêtre pour aller jouer au football.

Sa mère et son frère (qui avait sept ans de plus que lui et jouait fort bien) durent lui expliquer la nécessité de la gymnastique des doigts et il s'appliqua si bien qu'à dix huit ans il entrait au Conservatoire de Bucarest, en même temps qu'il suivait les cours de droit de la faculté de cette ville. Il gagnait déjà sa vie en jouant du piano, pendant son séjour au Conservatoire. Il se produisait toute la nuit au célèbre cabaret de Bucarest "Le Cabaret de l'Ours". Ayant obtenu un Premier Prix, il obtint une bourse pour se perfectionner à Paris. La situation politique en Roumanie ayant changé entre temps, la bourse fut annulée et c'est à ses frais qu'il dût faire ce voyage.

Arrivé à Paris, il cherche du travail et se rend chaque jour au "Tabac Pigalle" célèbre café de l'époque.

Alec Siniavine trouve de modestes travaux, style "noces et banquets". Petit à petit, sa réputation grandissante, lui permet de jouer au piano des nuits et des nuits dans les cabarets les plus connus de la capitale : "Kasbek", "Casanova", "L'Aigle Noir".

A la même époque Alec Siniavine prend la nationalité française.

Dans les années 30, il a la chance de rencontrer, chez des amis, l'un des directeurs de la Compagnie Générale Transatlantique (qui posséde entre autre le "Normandie") grâce à qui il peut réaliser son rêve : voyager. Il est ainsi pendant un an pianiste sur les lignes maritimes le menant de France au Canada, à New-York, au Mexique, etc...

Il fait ensuite deux saisons (1933-1934) à Monte-Carlo. C'est à cette époque qu'il fait connaissance de deux grands artistes qui vont changer le cours de son existence : Germaine et Jean Sablon.

Un soir qu'il accompagne Germaine Sablon, Raoul Breton, l'un des éditeurs les plus importants de Paris, lui demande "Savez-vous composer ?". Comme tout bon musicien, Alec Siniavine avait fait quelques compositions sans y attacher d'importance. L'éditeur lui remet des textes pour une chanson de Louis Sauvat intitulée "La Dernière Bergère" et lui demande de composer la musique. Sans grande conviction, Alec Siniavine écrit la musique. Ce fut un succès immédiat qui fut interprété et enregistré par Jean Sablon (1935), Guy Berry, Charles et Johnny...

"Dernière Bergère", premier succès fut suivi par beaucoup d'autres : "Pour vous, j'ai fait cette chanson", "Quand tu partiras", créées par Germaine Sablon, "Rêverie" créée par Jean Sablon, "Attends moi mon amour" (composée en captivité en 1940 - un délicat appel à la tendresse et à la liberté qui eut en France un grand retentisement, dédiée à sa femme la comédiennne Raymonde Allain) que chantèrent Léo Marjane, André Claveau, Roland Gerbeau, Le chanteur sans Nom, "Ma pamplemousse", "Le petit nez retroussé" créées par Maurice Chevalier, puit vinrent "Feuille au vent", "Insensiblement", "Cette nuit est à nous", "Ukraine", "Paris, tu n'as pas changé", "La bague à Jules" créée par Patachou (1958) et tant d'autres.

Il rencontre les plus grands artistes : Edith Piaf, Jeanette Mac Donald (qui le découvre en 1937 à l'occasion de l'Exposition Universelle et est tellement enchantée de ses services, qu'elle l'emmène en Belgique et en Hollande où l'attendaient de nouveaux contrats). André Claveau, Jean Sablon, Lucienne Delyle, Maurice Chevalier, Danielle Darieux puis plus tard Juliette Greco, Patachou, François Deguelt interprètent ses chansons.

Son coeur crée une mélodie, ses doigts la modèlent sur les touches de son piano et voilà un triomphe de plus qui prend son essor. Le tempérament d'Alec Siniavine le porte vers la rêverie et en musique, vers la musique douce. Sa formation favorite comporte : lui-même au piano, une guitare, une batterie et une contrebasse. Formation identique à celle qu'utilisait le britannique Charlie Kunz (ILD 642203) qui est l'un de ses pianistes préférés. Son principe, comme Charlie Kunz d'ailleurs, était de faire chanter le piano. Il y réussit parfaitement.

Ainsi, Alec Siniavine devient le charmant compagnon des heures de rêverie de beaucoup d'auditeurs.

Pianiste émérite, Alec Siniavine a la chance de pouvoir vivre de son métier d'artiste. Libéré du souci d'arriver à tout prix et parfois au détriment de la qualité, il n'écrit que des chansons qui lui plaisent.

Tous les arts le touchent, mais il ne s'adonne qu'à la musique. Il aime trop la qualité pour essayer de faire ce qu'il risquerait de mal faire.

Alec Siniavine va de récital en récital dans le monde entier et se produit dans les plus grands cabarets "Sporting d'été" (1938). "Carrère" (1942 et 1947) au " Le Ciro's" à Monte-Carlo, "Les Capucines" à Paris en 1946. Il ouvre, avec son ami André Claveau, un cabaret en 1953.

Outre ses chansons on lui doit la musique d'une opérette écrite avec Jean Delettre "La belle saison" ayant pour interprètes Pills et Tabet, Lucienne Boyer et la musique d'une revue "Version française" donnée en 1950 au "Théâtre de l'Arbalette" à Paris dont les principaux rôles sont tenus par André Claveau, Maurice Pérès, Jacqueline Richard et un certain Louis de Funès.

Alec Siniavine se retire et décède à Paris en 1996.


Yves-Henri Faget- mars 2005