Concerts

 
Photo de l'auteur

© droits réservés

Titre :

Auteur :

Compositeur :

Copyright :

Éditeur :

Album :

Label :

Michel MagneAuteur

Biographie

Né à Lisieux, le 20 Mars 1930. Le cinquième dans une famille de huit enfants. Ses parents ont pour mission de diriger et de gérer des écoles et des ateliers d'apprentissage d'obédience catholique. Dès l'âge de six ans, il reçoit ses premières leçons de piano, de Monsieur Maujer, organiste à la cathédrale et à la Basilique de Lisieux. Le voici épris de musique classique et le besoin de s'exprimer par la musique naît en lui. A l'âge de quinze ans il est en quatrième, ce qui est catastrophique ; il est renvoyé de l'école pour indiscipline. Il a à cette époque, un excellent professeur de piano, Mlle Blondeau, qui lui donne de nombreux cours avec des heures supplémentaires et qui a la présence d'esprit de l'envoyer au Conservatoire National de Caen où il est élève pendant plus de deux ans.


Indépendamment de ses études au Conservatoire, dès qu'il a un petit moment, il organise des concerts en Normandie, avec l'orchestre qu'il a formé " La tourelle Normande ". A Caen, il rencontre le violoniste virtuose Romane Gorecki qui lui enseigne les rudiments de la direction d'orchestre avec précision. Vers l'âge de dix sept ans, toujours au Conservatoire National de Caen, il exprime le désir de travailler au Conservatoire National de Paris. Elève indiscipliné, il échoue au concours d'entrée mais se fait remarquer par Mme Simone Plé Caussade, professeur de fugue et de contre-point. Pour payer ses études musicales, il se fait engager pendant les week-ends, dans une petite troupe locale en Normandie "les tréteaux de la besace", moitié cirque, moitié orchestre. Indépendamment de son rôle de musicien, il présente un numéro d'équilibriste. Il a du succès et gagne pas mal d'argent, ce qui lui permet d'assurer ses cours et ses nombreux voyages entre Paris et Caen.


En deux ans, il compose la presque totalité de son oeuvre pour piano. C'est également l'époque (1947-1948) où il commence à dessiner ses partitions de "musiques à regarder" : les tâches, les glissades, les larmes d'encre sur partitions blanches, qu'il intitule : "Berceuses pour faire pleurer les gosses de riches", "Larmes de gens heureux", etc. En 1948, à l'âge de dix huit ans, il découvre la musique électronique à Paris. C'est un choc quand il entend les ondes Martenot. A l'époque du service militaire, il passe trois mois à Monthléry et compose des marches et les musiques des fêtes rituelles de la ville. Il anime une chorale de 150 gaillards qu'il fait chanter à la manière des chœurs russes. Puis il demande à être muté à Paris afin de continuer son service à la Musique du Train des Equipages à la caserne Dupleix. On lui confie la responsabilité de la batterie militaire et de toutes les percussions en général. Il partage ce poste envié avec le pianiste Claude Bolling. Il suit parallèlement ses cours au Conservatoire avec Mme Simone Plé Caussade ainsi qu'avec le Maître Olivier Messian. La deuxième année de son service militaire, en 1951, il découvre d'autres instruments électroniques tels que l'ondioline et la clavioline, qui sont avec les ondes Martenot les ancêtres de nos synthétiseurs actuels. Il fonde un septuor d'instruments électroniques avec des musiciens excellents, tous du régiment et donne des concerts. Mais ils sont trop en avance sur leur temps et donnent leur dernier concert chez Carrère, rue Pierre Charon, le lundi 28 janvier 1952.


Après le régiment, il s'installe à l'hôtel Jean Mermoz, rue Rochechouart. Tous les dimanches il va écouter son Maître Olivier Messian jouer de l'orgue à l'église de la Trinité. Il arrête ses études au Conservatoire et se retrouve seul avec lui-même et avec ses ambitions de compositeur. Et de 1952 à1953, il consacre ses recherches à la musique infra-sonore. Il s'installe au 108 de la rue Lepic à Montmartre. Toutes ces oeuvres sont données en concert à la Salle Gaveau en 1954 et 1958. Elles font l'objet d'un disque en 1959, sous le nom de "Musique Tachiste". Il a 24 ans lorsqu'il donne son premier concert sur les infra-sons à Paris, le 15 Juillet 1954, Salle Gaveau. Les Lettristes d'Izidor Izou assistent à cette représentation, qui fait un scandale, ainsi qu'un spectateur nommé Abel Gance, âgé d'une soixantaine d'années, qui monte sur scène pour calmer l'auditoire. Abel Gance a compris immédiatement les possibilités inouïes de cette invention et propose à Michel Magne, sur le champ, d'adapter la musique infra-sonore à ses propres oeuvres en polyvision. Vingt ans plus tard, les américains réinventent la musique infra-sonore sous le nom de "son surround" qui va accompagner tous les films catastrophes.


C'est cette même année 1954, que Michel Magne compose sa première musique de film long métrage : "le Pain vivant" de François Mauriac, mise en scène de Jean Mousselle. Le 20 Mai 1955, après un accord passé avec l'orchestre de la société des concerts du Conservatoire et la chorale de l'Université de Paris, il donne un concert au Palais de Chaillot. Pas moins de 110 musiciens, plus de 200 choristes et les grandes orgues de Chaillot, il a sous sa baguette plus de 300 exécutants et il n'a que 25 ans. C'est à cette époque qu'il rencontre Françoise Sagan avec laquelle il écrit des chansons pour Juliette Gréco. Un disque sort le 13 Mai 1956. Ils partent ensemble à New-York où Sagan fait un triomphe avec "Bonjour tristesse". Ils sont conviés à toutes les grandes soirées de N-Y et sont les invités de Duke Ellington, de Billie Holiday et d'Elvis Presley. Le 3 décembre 1956, au théâtre des Trois Baudets, spectacle "empirique". Alexandre Jodorowsky, Jean-Michel Rankovitch et Tinguely se joignent à Michel Magne pour donner le spectacle happening le plus délirant qui soit. Mais c'est un bide et le public est furieux.


Egalement en 1956, publication d'un disque de Mouloudji avec des textes de Sagan et des musiques de Magne. En 1957, Magne rencontre de nombreux écrivains dont Boris Vian, qu'un ami commun, Henri Salvador, lui présente. Il est l'orchestrateur de certaines chansons d'Henri Salvador. Il fait aussi la connaissance de Jacques Prévert, d'Aragon, de Jean-Paul Sartre et de Jean Genêt que lui présente Sagan. En septembre 1957, Sagan et Magne conçoivent un "ballet-spectacle" d'une heure et demi : "Rendez-vous manqué" ; dont est issu l'indicatif de l'émission-culte "Cinq colonnes à la Une" de Igor Banère, Pierre Lazaret, Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes. Ils trouvent un producteur, Albert Sarfati, un metteur en scène, Roger Vadim, Bernard Buffet pour les décors et deux chorégraphes John Taras pour le classique et Don luriot pour le jazz. La première a lieu à Monte-Carlo, le 3 janvier 1958 et la première parisienne, au Théâtre des Champs-Elysées le 20 janvier 1958. Dix jours de représentations au théâtre des Champs-Elysées, trois mois à Londres et deux ans de tournée sans interruption autour du monde. Septembre-Octobre 1959, enregistrement du disque de musique Tachiste au studio Barclay plus six autres albums : "Paris" (a obtenu le prix de l'Académie Charles Cros), "Valses musettes", "Mélodies du Brésil", "Flirt et fantaisies", "Tango Go" et "Tropical fantaisie". La société des concerts du Conservatoire commande une oeuvre à Magne et le 2 Avril 1960, elle inscrit à son programme : "Cap Canaveral - Symphony".


Le 28 juin 1960, Michel Magne épouse la danseuse Monique Vence. Septembre 1960, au théâtre de l'Alhambra Maurice Chevalier, Michel Magne dispose d'un orchestre de 45 musiciens, les meilleurs de Paris et on lui donne carte blanche pour accompagner Raymond Devos et un jeune homme qui faisait ses débuts et passait en vedette américaine à l'époque : Johnny Hallyday. Deux mois plus tard, novembre 1960, c'est au tour d' Henri Salvador, toujours à l'Alhambra. Le 30 décembre 1960, naissance de son premier enfant : sa fille Magali. En octobre 1961, Gène Kelly lui demande d'orchestrer la musique de son film "Gigot, le clochard de Belleville" dont la vedette est Jackie Gleason. Ce film lui vaudra une nomination aux Oscars à Hollywood en 1962.


Et puis tout s'enchaîne, les portes lui sont grandes ouvertes en ce qui concerne la musique de cinéma, Michel Magne devient le compositeur à la mode que tout le monde réclame. En mai 1962, Henri Verneuil lui confie la musique de son film : "Un singe en Hiver" avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo.Presque aussitôt après, en septembre 1962, Roger Vadim lui propose de composer la musique du "Repos du guerrier" avec Robert Hossein et Brigitte Bardot. Sur des paroles d'Eddy Marnay, le thème du film deviendra "Cent mille chansons", chanté par Frida Boccara, énorme succès de variété de l'année 62. Il écrit également cette année la musique du film de Maurice Labro "Le gorille a mordu l'archevèque" avec Roger Hanin et Jean Le Poulain.


En 1962, Michel Magne achète une propriété complètement en ruines que l'on appelait "Le Château d'Hérouville". Les travaux sont menés à un train d'enfer et embarquent Magne dans une aventure digne des contes des mille et une nuits. Les premiers temps il saute sans arrêt du métier d'entrepreneur de maçonnerie à celui de compositeur. En mars 1963, Henri Verneuil lui fait une deuxième commande pour "Mélodie en sous-sol" avec Jean Gabin et Alain Delon (comprenant les fameux thèmes "Palm beach" et "Hymne à l'argent"). En Avril 1963, il compose une autre musique de film pour Vadim : "Le vice et la vertu", avec Catherine Deneuve, Annie Girardot, Robert Hossein et Serge Marquand.


Le 13 octobre 1963 : naissance de son second enfant : son fils Marin. Puis, en octobre 1964, Magne écrit la partition de "La ronde" avec Jane Fonda, Marie Dubois, Jean-Claude Brialy et Anna Karina. Huit films avec André Hunebelle, entre 1963 et 1968 : tous les "OSS 117" et tous les "Fantomas" avec Jean Marais, Louis de Funès et Mylène Demongeot. Six films avec Bernard Borderie, entre 1964 et 1968, dont les cinq "Angélique" avec Robert Hossein et Michèle Mercier. Le succès populaire de ces longs métrages est très important. Pour enregistrer la bande sonore de ces cinq films, Magne dispose d'un orchestre de cent musiciens et de deux cents choristes. Six films avec Georges Lautner, de 1963 à 1968 : "Les tontons flingueurs" et "Les barbouzes" avec Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier, Mireille Darc, Jean Lefebvre, etc. "Les bons vivants" ; "Fleur d'oseille" avec Mireille Darc, André Pousse, etc. "Galia" avec Mireille Darc. Deux films avec Costa-Gavras :"Compartiments tueurs" en 1965, avec Simone Signoret, Yves Montand, Michel Piccoli, Jean-Louis Trintignant. Puis "Un homme de trop" en 1967, avec Michel Piccoli, Charles Vanel, Claude Brasseur, Jean-Claude Brialy. Deux films avec Jacques Deray : en 1963, "Symphonie pour un massacre" avec Michel Auclair, Claude Dauphin, José Giovanni, Jean Rochefort, Michèle Mercier et Charles Vanel. En 1965, "Par un beau matin d'été" avec Jean-Paul Belmondo, Sophie Daumier, Géraldine Chaplin, Georges Géret. "Batouk" en 1967 de Jean-Jacques Manigault, fresque géante des plus beaux paysages d'afrique. Pour ce film, les producteurs décident que Michel Magne ne sera pas payé mais qu'en échange tout ce qu'il demande lui sera accordé. Magne dirige alors l'orchestre de l'Opéra, les chœurs de Saint-Eustache, la Garde Républicaine, le Débouché de Paris et les meilleurs groupes de rock du moment.


En 1969, "Cran d'arrêt" de Yves Boisset. Et au Château d'Hérouville, c'est table ouverte. Magne donne tout ce qu'il a avec autant de plaisir qu'il éprouve à recevoir. Et puis c'est le drame, le lundi 26 mai 1969, un effroyable incendie au Château d'Hérouville ravage toute une aile, celle qui est entièrement refaite, la plus belle et la mieux meublée. Cette aile contient tout ce que Magne possède comme partitions et bandes magnétiques originales ainsi que les copies et les photocopies de ces originaux. La catastrophe la plus redoutable s'abat sur sa vie de musicien. C'est irréparable. Un compositeur de musique sans archives, c'est un peu un homme nu, sans passé, sans son patrimoine littéraire et intellectuel et sans même l'ombre de leur souvenir. Dès le mois d'Août 1969, Michel Magne avec Gérard Delassus, installe un studio de prise de son de haute performance dans l'aile droite du Château d'Hérouville. Le 18 novembre 1969, création de la SARL "Société d'Enregistrement Michel Magne". Il s'installe aussi un atelier de peinture et poursuit son oeuvre picturale. Six années de peinture géométrique. Eté 1970, Michel rencontre Marie-Claude, elle a juste 16 ans. Toujours en 1970, Magne écrit la musique du film : "De la part des copains" de Terence Young avec Marlène Jobert et Charles Bronson.


En décembre 1970, arrivée de l'ingénieur du son Dominique Blanc-Francart. Les premiers clients pour le studio, en 1970, sont : Canned Heat, Memphis Slim, Buddy Guy et Julio Fin. Puis , c'est au tour de groupes folk venus de Californie. Arrive ensuite le groupe "Gong" avec David Allen qui se sent dans son élément à Hérouville. 1970 et 1971 sont deux longues années de progression lente et régulière vers le succès. Le premier français à venir au studio : Eddy Mitchell, suivit du groupe Magma, de Michel Polnareff, Claude Nougaro, Johnny Hallyday, Bill Wyman des Rolling Stones et le fameux groupe américain Gratefui Dead avec Jerry Garcia. Le "Grateful Dead" donne un concert dans le parc du Château d'Hérouville, dans la nuit du 21 au 22 juin 1971, pour tous les ouvriers agricoles, les paysans et leurs enfants de la région d'Hérouville.


Le 7 janvier 1972, Elton John arrive avec ses musiciens et enregistre pendant trois semaines un disque célèbre "Honky Château" en hommage à Hérouville. Ouverture d'un second studio "Chopin", le premier s'appelle "Georges Sand". Il est inauguré par le groupe anglais Pink Floyd pour l'album "Thé Valley". Suit Terry Riley, le groupe T.Rex avec Marc Bollan, Cat Stevens, puis Elton John revient pour son album "Goodbye yellow brickroad". La prise de son est devenue la passion de Magne. En 1972, il compose la musique du premier long-métrage de Jean Yanne : "Tout le monde il est beau... tout le monde il est gentil" ; ainsi que celle des "Faucheurs de marguerites", sa première grande série télévisée, et "Don Juan 73" de Roger Vadim, avec Brigitte Bardot, Jane Birkin ou "Si Don-Juan était une femme ...". Ce film marque également le début de sa collaboration avec un jeune auteur talentueux, Boris Bergman. Ils écriront ensemble un concept-album-pop "Moshe Mouse Crucifixion", interprété par la chanteur américain, Artie Kaplan (Benson Hurst Blues) et Rachid Bahri, que Magne et Bergman font chanter en arabe.


Le 30 juin 1972, Magne réalise la plus mauvaise affaire de toute sa vie : il cède les parts de la société SEMM à une société parisienne dont les graves erreurs de gestion feront aboutir plus tard à la vente de ses deux propriétés : le Château et la Bergerie à Hérouville. Le 18 novembre 1972, Michel Magne épouse Marie-Claude Calvet. Le 6 avril 1973, vient au monde leur fils Michaël, le troisième enfant de Michel. 1973 : "Moi y'en a vouloir des sous" de Jean Yanne. Et "Le complot" de René Rainville . 1974 : "Les chinois à Paris" de Jean Yanne.En juillet 1974, Michel s'installe à Saint-Paul de Vence avec sa famille. C'est en juillet 1975 que Michel Magne présente, à la galerie De La Salle à Saint-Paul de Vence, sa nouvelle démarche : tricots et tressages. La bande magnétique devient le support et l'objet de toute son oeuvre. Les tressages (de bandes magnétiques) ont été exécutés sur les métiers de haute lisse de Jean-Pierre Walfard. Magne écrit la partition du film de Jean-Pierre Blanc : "Un ange au paradis" cette même année. Le 27 avril 1976, au Martini Centre de Bruxelles, Michel Magne donne un concert de ses dernières oeuvres pour piano, la veille de son exposition "musique visuelle" à la galerie Micha toujours à Bruxelles. Concerts également à la fondation Pagani de Milan, pour ses expositions de Legnano et de Milan en 1976 et 1977. A Strasbourg, le 2 décembre 1976, lors du vernissage à la galerie "L'expression" : création mondiale de l'œuvre "L'interdit" de Michel Magne, avec les solistes : Marie-Claude Vallin, Janine Kieffer, Detlef Kieffer. 1977 : Magne expose à la galerie Frédéric Gollong à Saint-Paul de Vence.


En Août 1977, Magne retourne à Paris, où il s'installe avec Marie-Claude et Michaël, rue Mouffetard. Son ultime domicile. 1978 -1979, Magne enregistre pour le label "Egg" créé par la maison de disques Barclay, une série d'albums électro-accoustiques, sur lesquels ont joué d'excellents musiciens comme Didier Lockwood, Didier Malherbe, Yan Vagh,… 1981 -1982, Michel compose la musique du film de Raoul Coutard : "SAS à San Salvador", ainsi que celle de Roger Vadim : "Surprise party". Suivit de "L'indic" de Serge Leroy avec Pascale Rocard, Thierry Lhermite et Daniel Auteuil. Toujours en 1982, enregistrement de la musique du film de Robert Hossein : "Les Misérables".C'est sa dernière grande partition musicale. Michel Magne se suicide le 19 décembre 1984, dans un hôtel à Cergy-Pontoise, tout près des bureaux du syndic de la société SEMM et pas loin d'Hérouville. par Marie-Claude Magne-Calvet