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Mr LabArtiste

Biographie




Amusant comment une vision artistique peut surgir du quotidien. Bloqué un jour dans un embouteillage parisien, Yves Labbé prend le temps d’observer l’absurdité de cette concentration de modernité, coincée par sa profusion même, les hommes faisant mine de vivre dans ces machines engluées comme si de rien n’était. Tout cela avait des allures de cérémonie funèbre, celle de la fin d’un monde.


Un titre vibrait déjà dans sa tête: « Post Industrial Ceremony ». Ne manquait plus que la bande-son, 12 morceaux en forme de voyage sonique dans les embardées de cette « post millenium tension ».


Son nom de scène, qui deviendra plus tard le nom du groupe, ce guitariste rouennais l’a gagné en Angleterre où l’avait porté sa vie et sa ferveur de musicien. Poussé outre-Manche par ses premières expériences de groupes (Kitsch, Underpressure, Oedipussy, Sin-é…), il était finalement resté 7 ans dans la patrie de ses premières idoles, tel un compagnon du devoir apprenant des maîtres l’urgence, la concision, la notion de gang rock, la scène comme mode de vie et, accessoirement, la parfaite maîtrise de la langue des Beatles et des Sex Pistols.


De retour en France, il fait fructifier son expertise comme musicien de session et arrangeur. La vague britannique des alchimistes du trip hop, leur goût pour les noces saisissantes de l’électronique et du matériau acoustique,  le poussent à se passionner pour la composition et à monter son studio.


En créateur autonome, il peut alors élaborer la charpente de son univers et de ses premières chansons. Un groupe s’agrège vite autour de l’intensité de ces premiers jets. Guillaume à la basse, Franck à la batterie, Greg aux platines, Thomas aux claviers se mêlent au guitariste / chanteur pour former ce mister à 5 têtes.


En 2004, un premier album, " And Now It's Time To Go...", consacre la verve electro-rock de Mr Lab!.


Une autoproduction bien accueillie en France (+ de 7000 exemplaires vendus), saluée aussi par les publics allemand, suisse et autrichien.


Coproduit avec Mr Lab !, par Pedro Resende, l’orfèvre de Tahiti 80, mixé à Portland par Tony Lash (Dandy Warhols, Elliott Smith), « Post Industrial Ceremony » se devait de posséder une autre ampleur. Le pessimisme de ce bilan « post-industriel » a généré autant de rage que de rêveries introspectives. Plus concentré cette fois sur la dynamique instrumentale que sur les arrangements electro, Mr Lab ! entremêle bouffées d’énergie électrique et tournoiements intimistes.


De sa passion pour le rock britannique, Mr Lab! a gardé à la fois le souci de l’impact et le goût des ornements mélodiques. A la saturation des outils de communication (« Why Are You Talking About Me ? »), aux emballements paroxysmiques de la société de consommation (« Gravy Machine ») répondent ceux des guitares et des tensions vocales. La perte des repères (« Lost »), les constats de solitude ou d’abandon (« Inverted », « Not There», « From Me » avec l’ex-AS Dragon Natacha Lejeune) génèrent des arpèges désolés à la Leonard Cohen, des claviers portés sur l’hypnose.


Un peu à la manière d’un groupe comme Archive, avec qui les Français partagent nombre de références à Pink Floyd, Mr Lab ! sait aussi mêler les extrêmes, passer d’une humeur planante à de purs accès de violence, en déclinant toute la gamme des sensations et des sons compris entre les deux. On trouvera même dans « Post Industrial Ceremony » une pépite pop sculptée par un funk rugueux (« Be ») et des envolées de cordes orientales (« Industrial », deuxième volet d’un final en forme de triptyque).


Un disque qui donne presque envie de remercier notre monde de s’écrouler


S.D.